10 octobre 2021.

Aujourd’hui, nous sommes exactement la même date mais, un an plus tard.

Simple de même.

Ah ouin? Humm que j’ai le goût de te dire que non, c’était pas si simple que ça.

Il y a un an de cela, nous étions dimanche. Dimanche du long week-end de l’action grâce mais, léger détail pour moi, puisque j’étais déjà en vacances et même en voyage. J’étais en Nouvelle-Écosse, ma p’tite protégée. J’adore cette province tellement apaisante et vivante tout à la fois. Sans parler du fait qu’elle est des plus charmantes.

Ceci dit, la plupart d’entre vous connaissez la fin du récit. Une fichue de belle journée ensoleillée et pas mal plus chaude qu’à même date cette année. Mon copain et moi étions partie pour la journée en mode exploration, comme dans tout nos voyage. Les dernières années, on voyageait principalement pour découvrir de nouveaux skatepark et d’aller rouler de tous les bords, tous les côtés et ce, souvent même jusqu’à ce que les lumières ferment. Tout ça pour vous dire que, le skateboard, j’aimais ça. Et ce, pas mal plus qu’un sport. C’est une discipline qui demande une force incroyable, de la patience et surtout, de la persévérance. Ça demande de la confiance en soi, à l’occasion des petits exploits, de la concentration et beaucoup d’agilité. Ah oui et… c’est un bonus en plus, si  »tu sais tomber ». (Expression trop souvent utilisé par les skateboarders).

Savoir tombé? Ben oui, simple de même. Oui mon ami, je suis bien d’accord avec toi. En fait, je l’étais jusqu’à mon horrible chute du 10 octobre dernier, au skatepark de Bridgewater.

Anyway, si tu  »sais » vraiment tomber, pourquoi ça t’arrive encore? Il me semble que si je peux éviter de m’érafler ou de me retrouver avec un crâne cassé, ça fait pas mal mon affaire.

Tomber, c’est un incident ou même un accident. Tomber, c’est le fait qu’il y a eu un obstacle devant toi et que t’as pas pu gérer. J’ai 32 ans et je connais personne qui a comme passion ou même comme passe-temps de tomber partout. T’en connais un toi? Ben tant mieux, ça en prend du monde un peu fou.

Cette journée là, je me rappel très bien de la matinée, du café que j’avais bu, des vêtements même que je portais. Je me rappel des skateparks qu’on avait fait plus tôt dans la journée, nous en étions à notre 3 d’ailleurs, en début d’après-midi. Je me rappel même d’être aller aux toilettes dans une salle de spectacle qui se trouvait à côté du skatepark. Quand je suis revenu de cette place, justement, j’étais encore ben excitée à l’idée de skater les gros  »bank », de tourner à fond dans les transitions et bref, du skate, c’est pas compliqué, j’en mangeais.

Mais après avoir descendu 2 banks géants d’affilé, c’est le béton que j’ai mangé. Je suis tombée de haut, à une vitesse tellement rapide que mon copain me mentionne que ma planche n’était plus sur le béton mais bien dans les airs, au moment où je devais redescendre une autre transition. J’aimais aller vite, c’était d’ailleurs mon principal talent en skate : rouler vite et partout. Gros coin, petit coin, bank ou transition, gapper des marches, n’importe quoi, j’en était capable. Pis ça ben, plus on en fait, plus on apprécie. Plus on se fait dire qu’on est bon, plus on est à l’aise sur ses roulettes. Ça va de soi, c’est comme dans toutes les disciplines et même dans toutes les passions. Mais même si on se sent en plein contrôle, et, que tu penses vraiment que tu sais tomber, eh bien je t’apprends qu’un accident est vite arrivé. Que ce soit une roche, un morceaux de béton manquant, un enfant qui te rentre dedans ou, comme moi, une papire grosse bosse que tu devais amortir mais que tu n’as pas vu, ce sont toutes des choses hors de ta vue et surtout, hors de ton contrôle.

Tout ça pour vous dire qu’après quelques heures de plaisir, j’ai failli mourir.

Ne vous inquiétez pas, je ne dis pas ça avec exagération ou pour avoir votre pitié. Hey lala que non! En fait, si je le pouvais, j’oublierais cette journée et je n’en parlerais plus jamais. Je le fais car, aujourd’hui, je termine ma boucle de 365 jours et je me devais d’écrire cette triste histoire pour éviter qu’elle se reproduise. Je skate encore. Avec un casque.

Le pire dans tout ça, c’est que je vois encore tellement mais teeeeeellement d’enfants sans casques dans les skateparks. C’est ridicule et ça me frustre. En tant que parents, svp, mettez un casque sur la tête de votre enfant. Si jamais c’est une question de coût, sachez qu’il existe même des organismes qui travaillent très fort pour pouvoir s’en procurer en quantité phénoménal et de les redistribuer dans les milieux scolaires et même dans les milieux défavorisés. Je suis justement l’une de leur porte-parole maintenant. Ça me comble de bonheur d’avoir la chance, dans un sens, de raconter mon histoire parce qu’elle est divertissante à entendre mais, je te le jure mon ami, tu ne veux pas avoir à faire le chemin que j’ai dû faire par la suite. Tu ne veux pas passer par-là. Tu ne veux pas vivre ça. Tu ne veux pas faire subir ça.

Tu ne veux pas avoir des remords toute ta vie parce que t’avais pas mit ton *&!!/%$?! de casque.

Tu ne veux pas perdre le goût et l’odorat après ça. Moi, c’est malheureusement mon cas. Ça fait un an que je ne sens plus les lilas, les chandelles que j’aime tant et les petits plats réconfortants. Ça fait un an que je ne goûte pas les gâteaux d’anniversaires, les bonbons que j’aime comme une passion, la bonne bière sur une terrasse en été ou un p’tit verre de vino quand il fait beau et chaud.

Ça fait un an que ma vision a baissé, que j’ai de la misère à restée concentrée, que je suis toujours un peu fatiguée. Un an que je fais des deuils, de ma forme physique, de mes capacités et de mes volontés.

Je n’accepterai jamais mes séquelles. Mais, je vais apprendre à vivre avec. Parce que oui, je veux vivre encore et ce, plus que jamais. J’ai eu la formidable chance de rester en vie, qui en a autant? Pourtant, avec une comotion cérébrale, une perte de conscience, aucun souvenir ni d’Image et même de son pendant 3-4 jours, un crâne cassé, une mastoïde aussi de brisée, un hémorragie méningé, tout le monde avait de la misère à y croire. Moi la première.

Morale de l’histoire : mettez votre casque ou restez chez vous, simple comme ça. Oui, ça c’est simple, tu vois?

Malgré tout, ma vision n’est plus la même qu’en octobre l’an dernier. Je ne comprenais rien. Voyons, moi? Moi qui prenait toujours mes précautions, qui n’essayait jamais rien de trop poussé pour avoir de l’attention? Moi qui, pourtant, pensait qui écoutait son corps et qui ne faisais pas des tricks que je savais que j’en était pas capable.

Ben oui, moi. Le hasard fait bien les choses et d’autre fois non. Fait attention.

Je disais, j’ai beaucoup souffert, pleurer, inquiétée. Mais… j’ai énormément, et plus que jamais, travaillé. À réapprendre à bien parler, à être cohérente dans mes idées, à marcher, à me laisser tomber dans les bras de ma physio sans me mettre à pleurer, à écrire et parler de toute cette maudite anxiété, à travailler aussi ma motricité, à me parler, à m’accepter telle que je suis maintenant, à ne pas lâcher et à me motiver. 365 jours, ça peut paraitre très court. Mais 365 jours de montagnes russe, de tristesse, de colère, de rendez-vous médicaux pour obtenir quelques jours de bonheur…Oui, ça a valu la peine.

J’ai bûchée mais j’y suis arrivée. 1 an plus tard, je repense toujours à mon histoire à chaque jour. Cependant, avec le temps, ma version de la tragédie à changée. Elle a évoluée et ce, contre vent et marées. Les écorchures et les brisures ne partiront jamais mais… mon accident m’a fait voir la vie autrement. J’ai développée une empathie comme je n’avais jamais eu avant. J’ai compris que j’avais un entourage formidable qui valait beaucoup plus que tout l’or du monde. Je savais que j’avais d’excellents amis, une famille soudée et même des collègues exceptionnelle mais, jamais à ce point. J’ai préparé toute sorte de chose au cours de l’année pour les remercier d’ailleurs mais j’ai l’impression que ce ne sera jamais assez. Je vous le redis encore et encore : vous m’avez sauvé. Pas sur le moment car, ça, c’était l’hélicoptère qui m’a transféré d’un hôpital à un autre et les médecins qui m’ont visité aux soins intensifs neurologique durant une semaine. MAIS… vous m’avez sauver dans mon  »après », dans mes chagrins, dans mes peurs, dans mes petits bonheurs et vous avez été d’une générosité comme jamais j’aurais pu l’imaginer. En temps, en accompagnement, en soutien. Alors oui, mon accident m’a apporté de belles choses, comme la prise de conscience. Comme aussi d’être heureuse quand je peux voir le soleil se lever ou se coucher, quand je ris avec mes amis, quand je suis collée sur le bord du feu avec mon amoureux, quand je souffle mes bougies à ma fête entourée de mes humains préféré, quand je me promène en auto et que c’est ma chanson préférée. Quand toutes les petites choses de la vie, que je ne voyais pas avant, me saute maintenant aux yeux et que j’ai la chance de vivre ces précieux moments en toute conscience.

Un an plus tard, je suis une battante et je suis confiante. J’ai failli y laisser ma peau, mes os et surtout, toutes ces belles années qui sont encore devant moi. C’est pas vrai que je vais les gaspiller. Oh no! Je ne veux pas chialer et pleurer mon sort, nop! Je veux en profiter dans les sports, dans les voyages, dans ma créativité, dans mon travail mais surtout, en profiter avec ceux qui m’ont sauvé ; ma famille, mes amis et mon copain.

La vie est tellement précieuse. Non, c’est pas quétaine de le dire. J’affirme pleinement car moi, je suis passée à un cheveux de ne pas avoir eu la chance de me le dire.

Oh et vous, merci de me lire. Sans même que vous le sachiez, ça me fait plaisir et derrière ces mots qui ont été difficile à écrire, il y a maintenant un sourire.

Comme quoi, malgré nos mauvais sorts à l’occasion, il y a toujours du beau à l’horizon. Mais ça, tu dois choisir de ne pas baisser les bras, peu importe la raison.

Ma grand-maman disait toujours : la vie met sur notre chemin les épreuves dont elle a la certitude qu’on peut surmonter.

Merci grand-maman, cette phrase, je l’ai répétée cette année. Elle m’a aidé et je n’aurais pas plus mieux le prouver qu’en étant en pleine vie et heureuse plus que jamais un an plus tard.

Une maison et un nouveau travail plus tard, même… Même si on a parfois l’impression de ne pas mettre les pieds devants, il n’arrête pas, lui, le temps. Tout est dans notre façon de voir la vie et de choisir ce pourquoi, chaque matin, on sort du lit!

Suzie xx


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