Chéri, rapporte de la p’tite magie si jamais tu passes à l’épicerie.

Par Suzie
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« Chéri, si tu passes à l’épicerie, pourrais-tu rapporter un pot de petite magie? »

Ah, ce serait si simple. 

Ce serait si simple de pouvoir commander l’amour et de pouvoir acheter le bonheur parfois. Ce serait moins long, on seraient peut-être plus heureux. Plus heureux à deux, moins d’efforts et de travail ardu à faire. Moins de routine et de train-train quotidien. Moins de fatigue également puisqu’on auraient beaucoup moins d’efforts à faire qu’avant. On aurait seulement à faire l’effort de se rendre à l’épicerie, de se diriger dans l’allée des p’tits pots, de chercher celui avec la mention petite magie écrit dessus, le prendre, le payer et s’en aller. Et bien sûr, s’en servir quand on a un peu moins le sourire. En saupoudrer partout autour de nous et sur nous afin de retrouver la magie du début. Tsé celle qui nous a donné le goût de se lancer dans le vide ensemble. Celle qui nous empêchait de dormir tellement on ne voulait pas manquer une minute sans l’autre. Celle qui nous donnait le goût de se réveiller un peu plus cernée, pour vu qu’on soit avec notre douce moitié.

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La routine est trop installée. J’ai l’impression qu’on a pu de défi, je t’en ai tu déjà parlé? Je pense que oui mais par contre, je ne sais pas si tu as trouvé le chemin dans mes mots tout croches que je te crachais au visage ou que j’essayais de contourner pour ne pas faire toute suite naufrage. Je ne sais plus quel ton, quel mot doux ou quel mot fou j’ai utilisé mais je ne suis pas convaincue que tu as tout pigé.

Coudons, t’as pas remarqué toi? On ne se regarde plus toujours comme à nos premiers matins. On ne s’embrasse plus durant des heures toute la nuit avant de retrouver le petit matin et sa lueur. On ne se choisit peut-être plus dès nos premières envies. Coudons, on est tu en train de se prendre pour acquis?

Coudons, on est tu en train de manquer de magie? Coudons, j’suis tu en train de vivre ma phobie de vie?

Celle de rester avec quelqu’un sans en ressentir le désir? J’ai toujours dit qu’un jour, si ça arrivait, j’allais même pas attendre avant de partir. Deux minutes serait assez pour réfléchir. Je ne veux pas te mentir, je ne veux pas te faire vivre le pire, mais je dois te dire, que je suis inquiète pour notre avenir.

Vite, cours, cours, cours. Les portes de l’épicerie sont en train de glisser pour se fermer. Le commis arrive avec les clés pour tout barrer. On fait quoi? On prend tu la chance de d’accélérer nos pas et de courir plus vite et plus fort? Pense-tu qu’ils en sont capables nos corps? Ou on fait nos lâches, on se regarde – même pas dans l’blanc des yeux -on baisse nos bras pi on se dit que  merde, on a vraiment foiré ça.

Hein, on fait quoi? 

Pense à ça. Pense à tes sentiments et non à tes habitudes.  Pense à ta vie, à tes envies, à ce que tu veux faire de celle-ci. Et surtout, ne pense pas à mes soucis, à mon train de vie, à ce que je souhaite devenir moi aussi. Pense pas à nos conversations d’hier et de demain. Pense pas au train-train quotidien. Pense pas à nous deux, quand on étaient peut-être plus heureux qu’en ce jour pluvieux, mais pense à rien. Rien de ce qu’on a été, rien de ce que nous sommes et rien de ce qu’on pourraient ou voudraient être.

Pense à rien. Fais juste vider ta tête et fermer les yeux. Tu vois quoi, dis-moi? Me vois-tu moi? Vois-tu du blanc? Du noir? Le néant? Ou tu nous voit finalement?

Pi ment moi pas. Je vais essayer de te faire confiance sur ce que tu vas me sortir, pi dis-moi surtout pas une réponse juste pour me faire souffrir ou encore pire, juste pour me faire plaisir.

Dis-moi la vrai. Celle que tu ressens, celle que tu entends.

Peut-être celle que tu me cracheras dessus ou peut-être celle qui nous permettra de danser en se regardant amoureusement, avec plein de gens qui nous lancent des confettis et enfin, retrouver la petite magie.

Sans avoir à courir à l’épicerie et d’acheter un pot de celle-ci.

Parce que la petite magie c’est comme l’amour et le bonheur, ça s’achète pas. Ça se poursuit.

Pi c’est inutile de tanner le commis d’épicerie. Quand la porte est fermée, elle l’est pour rester. À toi de faire un effort pour ne pas avoir à y aller. Au lieu de prendre tes pieds pour aller en acheter, prend ma main pour aller marcher.

Et m’embrasser comme autrefois, m’embrasser comme quand j’étais folle de toi.

… Et peut-être que ça reviendra. Ou peut-être pas. Je sais pas.

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