Sauter sans parachute

J’ai toujours aimé travailler.

Je ne sais pas si c’est le fait de pouvoir conseiller ou aider les gens, d’apporter quelque chose de plus dans votre journée ou encore contribuer à faire avancer la société, mais j’aime savoir que j’ai été utile durant la journée.
Conseiller et aider les gens, apporter quelque chose de plus dans votre journée et contribuer à faire avancer la société. Ce sont quand même trois valorisations personnelles qui sont très différentes, je sais. En réalité, c’est que mon travail, ou plutôt mes trois emplois le sont aussi. Étant une fille qui déteste la routine, mon trio d’occupation à temps plein et mon gagne-pain me permet de continuer d’aimer à chaque jour la vie que je mène.
Je travaille à l’occasion dans des boutiques locales pour donner un coup de mains aux propriétaires, bien sûr comme vous savez, je suis blogueuse et… j’étais fonctionnaire.
Oui. J’étais, ne relisez pas une fois de plus.
Ce qui était jusqu’à ce jour la chose la plus stable et certaine dans ma vie, je l’ai laissée tomber. Ou plutôt, je me suis laissée tomber. Tomber dans un vide immense et sans couleur. Sans parachute, du genre, SANS parachute. Un peu comme l’avion en papier qui se laisse guider sans vraiment être préparé à foncer dans un mur ou à atterrir tout doucement.
Ce que vous devez comprendre du dernier paragraphe est que quand j’ai prononcée les mots : je-me-retire-de-mes-fonctions-pour-l’état, je n’avais pas de plan B. Je n’avais pas vraiment d’argent de côté mais encore des bills à payer of course. Parce que ces maudits-là en on rien à foutre que tu sois salariée ou non, ils vont venir faire leur petite (ou grosse) visite à chaque mois quand même. Bien sûr, sans même avoir attendu leur invitation.
Je n’avais pas d’autre emploi. Je n’ai pas laissée mon job régulier pour un meilleur, j’en ai juste pas. La seule chose que j’avais dans mes poches l’après-midi de ma démission c’est quelques billets d’honnêteté et une grosse poignée de change de fierté.
Avoir quitté la fonction publique a probablement été la décision la plus difficile que j’ai eu à prendre. Mais aussi, la plus facile. Je vous explique ça ben simple les simplistes : j’étais en criss à chaque alarme de semaine. À chaque matin que je déposais un pied sur le plancher de ma chambre à coucher pour me lever, m’habiller, me maquiller, déjeuner et aller travailler, j’étais déprimée. Bien que j’ai eu la chance d’avoir ma permanence très jeune, que j’ai cotoyée des gens super, eu des mandats intéressants, je ne pouvais tout simplement plus vivre avec cette haine qu’il y avait entre mon job et moi. Sans parler du fait qu’on passe la plus grande partie de notre courte vie à travailler, ça partait bien mal à 26 ans de penser un peu plus à sa retraite à chaque jour.
De ce côté, le choix de quitter la fonction publique à été facile. Si vous pouviez ressentir le feeling que j’ai eu dans mon corps tout entier après avoir fermé la porte de l’édifice. Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas sentie libérée comme ça. Je suis vraiment plus heureuse depuis.
D’un autre côté, j’ai bien beau être une fille funky et qui profite de la vie, j’ai quand même un côté rationnel et j’ai besoin de me sentir les deux pieds à terre. Mais pas cloués dans le sol, mais pas non plus qui flotte dans les nuages. Ça me prend ma liberté mais je dois me sentir aussi un peu en sécurité-mais pas trop, vous comprenez rien? C’est pas plus grave que ça! Alors là, ce qui m’était le plus précieux en actif dans ma vie complète et ce qui me permettait de m’enrichir, était aussi en train de me faire pourrir. Je n’ai pas agis sur le coup de l’impulsion, j’ai longtemps réfléchi à cette décision. Pour être honnête avec vous, j’y pensais à tous les jours depuis un an. Et le plus surprenant, on me demandait souvent pourquoi une fille comme moi faisais ce job qui avait l’air tant ennuyeux et contrôlé.
Mais c’est simple, pour la sécurité! Oui, mais après?C’est bien beau avoir un fond de pension, 4 semaines de vacances par année pi être bien payé, mais encore, sa vie il faut l’aimer!
Alors je me suis laissée tomber dans le vide. Ou j’oserais plutôt dire, j’ai sauter, les deux pieds en plein dans le vide.
Et tout ça, sans savoir ce qui m’attendait en bas. Un matelas gonflable ou un bloc de ciment? Je ne le sais pas.
Mais j’ai pour mon dire que si dans la vie il faut prendre des risques, il faut aussi les assumer.
Je ne regrette rien.

S. xox

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s