On ne vivras plus jamais de la même façon, hein?

Comme bien des samedis soirs depuis 12 ans, ce soir j’avais rendez-vous avec ma meilleure amie.
J’avais hâte de pouvoir enfin la voir. La dernière fois qu’on s’étaient vu remontait à dimanche dernier. On s’était donné rendez-vous autour d’un café au Starbucks. Ce soir, elle m’avait donné rendez-vous dans un endroit qu’on a pas vraiment l’habitude de fréquenter.
En ce samedi triste de janvier, nous avions rendez-vous à l’hôpital. Assez triste comme endroit, mais au moins, j’avais rendez-vous avec elle.
Parce qu’elle est tout. Parce qu’elle est ma soeur. Parce que j’ai vieillit à ses côtés. Parce que, dans beaucoup d’étape de la vie, nous avons marché ensemble. Parce que je l’aime de tout mon coeur. Parce que je lui raconte tout. Parce qu’elle m’écoute. Parce qu’elle peut me faire pleurer et rire à la fois. Parce qu’elle peut me faire rire à en pleurer et me faire pleurer a en rire. Parce que mercredi, j’ai failli la perdre.
Nous ne sommes pas tout une pour l’autre pour rien. Parce que mercredi, alors que je déposais des couches de mascara sur mes cils devant mon miroir, un courant étrange m’a traversé le corps. Un feeling que l’on ne veut pas ressentir – croyez-moi. J’ai déposé ma brosse à mascara sur le comptoir de ma salle de bain d’une main faible. La fille que je voyais dans le miroir devant moi était une meilleure amie inquiète. J’ai attrapé mes clés et je suis parti. Non pas à l’endroit où je devais aller ce soir là, mais bien chez toi. Par inquiétudes, par amour. Je voulais être certaine que je m’inquiétais pour rien.
Ma meilleure amie est comblée par la vie car elle a des anges sur Terre qui veillent sur elle. Parce que nos liens sont tellement tissés forts qu’on peut se ressentir. Ma meilleure amie est chanceuse, parce que ses amies l’ont sauvée. Ses amies l’ont sauvée de la mort.
Depuis mercredi, une phrase tourne en boucle dans ma tête et ne semble pas vouloir en sortir. Peut-être pour m’offrir gratuitement une immense prise de conscience, peut-être pour me soulager que ce n’est pas arrivé.Elle a été prise à temps. Quelques heures de plus et elle ne passait pas la nuit, votre amie.
Tu as frôlée la mort. Mais la force de la vie est tellement immense qu’elle t’a prise au bon temps. Tu es un ange, mais un ange sur Terre.
Tu l’as vu de près. Ce voyage non demandé t’as amenée à réaliser que notre vie ne tient qu’à un fil. Que nous avons notre passeport le matin-même de chaque journée durant laquelle on vit. Tu m’as fait peur, ne me refais plus jamais ça. C’est mon coeur, qui a presque cessé de battre pendant un moment. Je n’aurais pu m’imaginer ma vie future sans toi. Tu as trop contribué à mon ancienne vie et ma vie actuelle. Tu combles un espace trop grand dans ma vie. J’ai besoin de toi, merci la vie de ne pas nous avoir abandonnées. On te remettra bien ça, tu verras.
Malgré cette phrase que j’entends sans cesse dans ma tête depuis 3 jours, j’aime mieux garder le focus sur le positif. J’aime mieux me dire que tu es maintenant sauvée. Que malgré quelques embûches encore, tu remontes la pente. Je te l’ai dit ce soir, lorsque je t’ai fait la lecture de la carte que je t’avais écrite : je t’assure que pour les prochains temps, je suis assez forte pour nous supporter les deux, le temps que tu te remettes sur pattes. Prend le temps qu’il te faut afin qu’on retrouve notre petit bonheur sur deux pattes.
Ce soir, je t’ai attaché les cheveux. Je t’ai fait la lecture. J’ai tenté de te remonter le moral, j’espère que ça a pu fonctionner un peu. Ce soir, même si ce n’était pas autour d’une bière que l’on jasait de tout et de rien ensemble, j’ai passé un beau samedi soir. Ça m’a redonné espoir de te voir sourire, t’es tellement belle.
Tu es forte, tu es impressionnante. Malgré le fait  que tu as été atteinte par cette maladie qui n’a pas bien choisi sa victime, tu as décidé d’ajouter cette  »expérience » dans ton sac et de le ranger du côté positif. Tu es tellement forte, parce que tu as trouvé le courage de me dire – en plein dans les yeux – que tu ne vivra plus jamais de la même manière. Que tu as maintenant l’urgence de vivre.
Merci la vie. Merci d’être encore là. Merci d’avoir compris que tu ne pouvais pas nous faire ça. Merci d’avoir compris que j’ai encore tellement besoin que tu sois là.
Nous, on ne prendra plus jamais rien pour acquis. Nous avons trop passé proche de se perdre. La ligne était trop mince, mais on a réussi à marcher en équilibre dessus. Dès que tu sors de ces quatre murs tristes, je te fais la promesse d’avoir l’urgence de vivre moi aussi. On prendra le temps qu’on voudra, on ira là où on voudra. On fera n’importe quoi, mais on le fera ensemble.
On a passé proche de perdre une de nos moitiés. Pour ma part, ma leçon que j’en tire, est que nous serons encore plus tissées sérées afin de ne jamais prendre la chance de laisser l’une des nôtres passées proche de tomber.
Nous sommes tous avec toi Kass, et nous t’aimons d’un amour pur et véritable. Reste aussi souriante et forte que tu es, tu verras, dans quelques temps, nous regarderons cette période de ta vie pour en puiser la force. Mais nous nous retournerons pour la regarder, puisqu’elle sera maintenant derrière nous. À tout jamais.
S. xox
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